Il la regarde, elle ne l’a pas vu, même si elle le regarde aussi, ils sont au milieu de tous et se parlent, rient ensemble, pas plus que d’habitude, après tout ils sont amis.
Puis ils se taisent, ça y est, ils ont senti sa présence, ils savent que c’est le moment – une, deux, trois - elle est là.
Elle est belle et raffinée, suspendue, la légère virevolte autour d’eux, elle prend son élan pour mieux les percer. Elle est pressée et son cœur à elle se presse. Est-ce lui qui l’a invité, ou elle ? Et d’ailleurs, comment fait-elle, ce petit poids plume, cette poussière, cette furtive pour peser autant de sens ?
Elle est bouleversée par le poids d’elle, une pesanteur insupportable qui détruit tous les murs qu’elle a posé vaillamment ces dix dernières années… Il est figé, sa contemplation la pénètre et à cause d’elle, elle a envie de pleurer, de danser, de se réfugier de joie.
Elle, cette belle, celle qui la désarme, celle qui rend sot, espèce de Petite Mort qu’elle a cherché dans ses yeux à lui, et qui lui arrache furtivement le cœur d’une main douce et ferme.
Elle est une onde d’énergie pareille à une tempête qui arrache et déconstruit le paysage qu’elle avait dessiné et qu’elle trouvait si beau. Elle le sait, les tempêtes se font oublier par le temps toujours trop radieux qui les succèdent.
Elle n’oubliera pourtant pas, alors qu’elle se meure déjà, ce qu’elle aura provoqué en elle, ces dégâts de bonheur encombrants qu’elle lui aura offert et qui seront secrètement enfouis en elle.
À elles, qui ont de tout temps, tout basculé même si ce n’était que le temps de leurs vies fugaces. Merci.
Elles sont des fées, des sorcières qui font parler les yeux, leur font dire « je t’ai regardé mille fois, mais depuis qu’elle est venue, je te vois ».
Elle est un soupir. Elle est partie et le temps reprend sa course. Rien n’a changé, Tout aussi, mais ça restera à l’intérieur. Parfois elle laisse entrevoir ce qui aurait pu se passer, c’est tout. Elle fige le temps, alors qu’elle en est la plus petite unité de mesure. Comment peut-on oser l’appeler « minute de second rang ».
Le diable se cache dans les détails.
L’Amour se cache en elle.
***
Il la regarde, elle ne l’a pas vu, même si elle le regarde aussi, ils sont au milieu de tous et se parlent, rient ensemble, pas plus que d’habitude, après tout ils sont amis. Puis elle surprend son regard, qui s’attarde une seconde de trop.
Recherches personnelles sur « elle », la seconde, cette unité de mesure temporelle que je compte en battements de cils.











J’aime bien lire un beau texte, d’une belle personne, même si je ne comprends pas tout ce qui se cache derrière ces mots, même si je ne connais pas son auteur.
Quoiqu’il en soit, j’ai bien compris que tu abordais ce moment terrible où l’on regarde quelqu’un dans les yeux, un peu trop longtemps et que le sol s’effondre.
Bref, Navie, merci pour ce petit frisson littéraire, l’air marin te fait du bien !
Oh. Je ne sais pas pourquoi mais je viens de lire ce texte quatre fois. Je l’ai compris 4 fois différemment.
Ce que je sais c’est que j’ai eu envie de regarder une seconde de trop, quelqu’un en particulier qui me trotte dans la tête.
J’y vais… ?
J’y vais pas…. ?
H.E.L.P.
Navie où comment faire le grand écart entre des textes à base de cul dévergondé, des pieds dans le plat et d’humour grinçant et des mots d’une poésie trop rare sur les blogs aujourd’hui et qui nous laisse entrevoir cette sensibilité que j’avais trouvé dans ton article « trois fois rien » et l’autre qui s’appelait millimètre.
Qu’on publie cette jeune femme !
Des fois, j’ai simplement envie d’imprimer chaque page de ton site, des les relier et d’en faire mon livre de chevet.
Je rejoins ce qu’Eloïse a dit, certains jours je rigolerai sur tes textes décalés, d’autres, je réfléchirai seule dans mon lit à tout ce qui arrive autour de moi, au monde qui tourne au temps qui passe.
Oh !
Et bien merci un mec, Sophie, Eloïse et PrincessSarah.
C’est drôle car parfois j’écris ici, je fais des pouet pouet, on rigole et zou on va se coucher.
Puis il arrive des moments magiques, des instants précieux où l’on a envie de parler d’un truc plus intime, plus universel aussi et quand j’ai des retours sur ce genre de texte, et bien, c’est à ce moment là où je suis le plus touchée.
HUG COLLECTIF LES ENFANTS.
Magique. J’aimerais avoir, le temps d’une seconde, un peu de ton talent.
Merci à toi pour ce réveil fort en émotion.
<3
J’adore ton texte. J’veux un hug aussi.
Ce matin je me dis : Un nouveau post de Navie ? trop bien, ça sent la déconne assurée…et 3 minutes plus tard je suis troublée par ce que je viens lire. Tain’ qu’est ce que c’est beau !!!
C’est si joliment dit (et d’ailleurs, tu devrais écrire plus souvent
Merci Navie! Je sais pas quoi dire à part que ce texte je l’ai trouvé très très beau
« Elle » est tres belle … j’aime cette fragilité dans ces mots la…
Dude t’écris bien !
Un seconde.
Un battement de cil
Jolie comparaison, merci d’en etre l’interprete