Je viens d’avoir une conversation très interessante avec un ami. On parlait de sexe (ce qui arrive moins que vous pensez hein) et surtout d’une découverte qu’on a fait récemment tous les deux: Les gens s’ennuient en majorité au pieux.
Depuis l’histoire des stats, je me doutais bien que « baiser » n’était pas forcément synonyme de « s’éclater », mais au fur et à mesure des rencontres que je fais et des conversations que j’ai (oui, même à Etretat 17h en mangeant une glace face à des touristes qui captent de ma conversation les mots: « jouir », « pénétrer », « enculer » et « casino?« ) je dois vous avouer que je suis bien triste mes petits goélands tigrés.
Je me suis dit que la société « tout-sexe » avait complexé mes congénères en les forçant à adopter le discours: « ouai le cul c’est bien, trop cool, moi tout le temps, le Rabbit? Jconnais! » mais au final sous la couette après « FBI porté disparu » c’est la libido qu’on cherche…(ouai c’est nul, mais je le laisse).
J’aime faire l’amour, parfois c’est même baiser que je veux. Ce qui pour moi est similaire parce que de la même façon que j’adore boire un chocolat chaud l’hiver avec un ou une amie (ahahah) ce qui est un acte de physique d’amour et bien le sexe c’est de l’Amour. Parfois un condensé de 7 minutes dans des toilettes minables, parfois l’expression d’heures magiques dans un lieu bourré de charme. Il en résulte que c’est du don de soi, du partage, de l’échange… C’est que du bonheur merde.
Alors pourquoi on le boude? J’enquête:
- Les blocages. Ils sont multiples, liés à l’enfance, l’adolescence ou à ce gros connard qui vous a prise un jour comme on répare un évier et qui EN PLUS ne vous rappelle pas... Rien de personnel là dedans, je suis une pro de l’analyse. Du coup, le sexe c’est un peu comme à la guerre t’es stratégique. Tu baises pas/plus.
- Les loosers. Si t’es comme moi avec les objets en verre qui quand ils te voient debarquer, recitent des nostra pater avant de mourir dans l’atroce souffrance que doit être de se briser (Paix à l’âme du verre que j’ai posé un peu trop près du bord à la We Are The 90’s hier), ça se trouve toi c’est la même chose au lit. Tu te choppes toujours LE mauvais plan, LA mauvaise personne ou LES mauvaises piles pour le canard vibrant. La loose du sexe. Du coup t’es blasé alors tu baises pas/plus.
- La routine. Version plus courante, le plus probable ennemi numéro un qui fait dépérir ta lingerie Victoria’s secret au profit de ton jogging mou et gris. Eva Mendes (en grande philosophe de l’amour a dit: « Je pense que les pantalons de survêtement sont la première cause de divorce dans ce pays » J’aime bien cette réflexion). Bref on fait plus attention, on est fatigué, on est naturel… Serions-nous donc naturellement assexués? Bref, on baise pas/plus.
Mais euh, je veux pas moua! C’est comme si j’apprenais que les gens ne riaient plus. Ou à petite dose, quand ils ont le temps, parce que c’est pas tout ça mais la vie, les impôts ça frenne. Alors le dimanche soir on pouffe un peu, on se force aussi parce que parfois la personne en face n’est pas très drôle. Et si on rigole deux fois par semaine, ouf on est dans la moyenne.
Encore une fois je préfère un fuckin‘ fou rire une fois par mois, que ce genre de rapports sus mentionnés. En parlant de fuckin, Le fuckin‘ prince charmant, lui il pense, que c’est parce que les gens ne sont pas fun qu’ils ne se lâchent pas. Constat pessimiste.
Revenons-en à nos goélands. Je voudrais bien comprendre pourquoi ça à l’air si compliqué le sexe. Pourquoi c’est pas comme manger. Pourquoi autant de pression. On a un corps, on fait des rencontres, on en jouit. Parfois c’est émouvant à te tirer une larme post-coïtal, parfois c’est drôle ou juste très bon.
Pourquoi dans l’air cette sensation morose. Ce manque d’entrain. Cet ennui. Vous savez vous?










Peut-être un mélange de recherche de sensations et d’expériences toujours plus fortes et de manque d’initiative et/ou de courage pour les atteindre…
Après ça dépend aussi de l’alchimie entre les deux (au moins) partenaires et du goût de l’aventure de chacun.
Je crois.
Ya tout un environnement sociologique qui fait que baiser ça fait de toi quelqu’un de hype, de cool et plus globalement de socialement normal. ça crée une pression incroyable sur tout ce qui touche au sexe.
Du coup je pense que pas mal de gens se forcent à baiser parce qu’il faut le faire, ça implique un rapport au sexe malsain et pas naturel, on le fait plus parce qu’on en a envie mais parce qu’il le faut. Et je pense que la lassitude et la routine en sont les conséquences.
Alors que baiser moins souvent mais vraiment parce qu’on en a envie permettrait de les éviter (plus de spontanéité, de créativité…).
Alors évidemment au début d’une relation, on a pas vraiment de problème avec ce genre de considération vu qu’on pourrait baiser sans discontinuer si le corps le permettait. Le danger arrive plus tard.
A une époque j’ai oscillé à la frontière entre le « j’ai envi » et le « il faut » mais je m’en suis aperçu trop tard pour éviter la routine et le clash du couple. J’essayerai de pas refaire la même erreur et de me poser plus tôt la question de pourquoi j’en arrive à « il faut » …
Après je pense qu’il y a aussi beaucoup d’autres facteurs qui rentrent en jeu. C’est compliqué tout ça.
Bah simple comme manger, non. Pour certains c’est compliqué de manger, pour d’autres c’est compliqué de baiser. Ca rejoint d’autres de tes posts: nos sociétés « occidentales civilisés-développées » nous poussent à intellectualiser des choses simples qui deviennent des nids à emmerde.
Je pense que la clé est dans la spontanéité et dans la non prise de tête. Je pense qu’en sexe, plus on réfléchit, plus c’est le souk (ça n’empêche pas d’imaginer tout un tas de petits trucs rigolos, entendons-nous bien!). Rien qu’en réagissant comme ça, on résoud la plupart des soucis dont tu parles, sauf la routine qui guette tous les couples un jour ou l’autre. Quand elle arrive, si elle arrive, il faudra retrouver la spontanéité du début ou trouver de l’inédit
My 2 cents.
Parce que les français dépriment !
(Réponse politique de base, pouvoir d’achat en baisse plus je ne sais quoi)
Hem donc non c’est pas ça, faut pas se leurrer, dois pas y avoir grand monde qui se sent morose pour cette raison.
Un rapport avec le métier des gens ? On commence par une activité à horaires fixes, puis on généralise toutes ses activités et on les prévois sur son Black Berry chaque semaine/mois/années ?
Ca tombe bien la morosité et moi, on commence à être bonnes copines ces temps-ci. Donc j’ai plein de réponses plausibles.
La faute à Cindy Sanders.
Moi je pense qu’il en va du sexe comme de la gastronomie.
Y en a qui cuisinent comme des chefs, y en a qui te servent des nouilles à l’eau.
Y a ceux qui se contentent de nouilles à l’eau (parce qu’ils n’ont jamais goûté de plats raffinées) et y a ceux qui sont malheureux s’ils n’ont pas un repas un minimum étudié.
Tant que les mangeurs de nouilles sont avec des cuisineurs de nouilles, tout va bien. Et je me rends compte que cette catégorie est majoritaire.
Aux chefs qui rencontrent des mangeurs de nouilles, je n’ai qu’une chose à dire : apprenez vite à votre partenaire à aimer la bonne cuisine
A part ça, je pense que c’est la métaphore filée la plus laborieuse de ma vie.
Je pense qu’il y a une boucle: séduction, reproduction, séparation.
Suivant l’étape où l’on se trouve le sexe c’est génial, intéressant, fini.
Rester bloqué dans une étape pour ne pas affronter la suivante, c’est se condamner à souffrir.
Enorme ta métaphore !
1- Les gens ne parlent pas de cul dans leur couple
Donc au début tout baigne parce qu’on découvre l’autre. Ensuite si on discute pas on a plus rien à découvrir, puis on se fait chier. CQFD
2- Les mecs prennent leur meuf pour leur môman au bout d’un an (et inversement elles nous prennent pour leur bambin).
Les calins prennent le pas sur la sensualité, la non-pudeur prend le pas sur le jeu de séduction physique, et ainsi de suite…on pourrait dire qu’on devient « trop » proches, mais je préfère dire que ce rapprochement bénéfique, qui « soude » le couple, aura forcément des effets collatéraux TRES néfastes si on n’y fait pas TRES attention.
Salut tous, je jette un coup d’oeil de temps en temps depuis peu et là je me dois de réagir !
Pourquoi personne n’évoque la religion ? C’est à mon sens la cause principale de morosité sexuelle en occident.
Laissez mijoter une population avec des règles religieuses ultra anti plaisir pendant quelques siècles et voyez le résultat.
A quand l’étude qui démontrerai que la grande majorité des gens « pas fun » le sont à cause des reliquats de culture judéo-chrétienne ?
La question « j’ai envi » ou « il faut » qu’on se pose sur le sexe pourrait avant tout se poser pour la notion de couple. Et oui beaucoup de personne se mettent en couple parce qu’il le faut, pour reproduire encore le schéma des parents qui l’héritent eux même des leurs. On remonte comme ça jusqu’au temps ou la fille mère se faisait lapider…
La liberté du plaisir a été la première victime de nos religions monothéistes.
Je suis peut être un peu hors sujet, pardonnez.
- Un panda qui aimerai bouffer autre chose que du bambou allégé
@Panda: Je suis complètement d’accord avec toi, ceci dit, j’ai eu une éducation religieuse intense et je n’ai fait que des écoles privés catho. Pourtant j’ai réussi à m’extirper de ce bourbier d’eau bénite pour vivre mes envies. Donc je pense que les gens PEUVENT se soustraire à ce qui est culturellement de mise. Du coup, même pour les gens qui se plaignent de la morosité je crois que d’être dans la norme les arrange bien.
« Pourquoi dans l’air cette sensation morose. Ce manque d’entrain. Cet ennui. Vous savez vous? »
==> Hypothèses :
Parce que la plupart du temps, les gens choisissent leur partenaire davantage par pragmatisme (il/elle passe dans le coin, ne correspond pas vraiment à mes attentes mais il/elle est accessible) que sous l’impulsion d’un réel désir ?
Parce que le sexe sert souvent de monnaie d’échange pour obtenir la dépendance affective ?
Parce que l’illusion d’un choix de partenaires infini (vie urbaine, internet) rend moins indulgent quant aux modestes performances du/de la partenaire (puisqu’on estime pouvoir obtenir mieux ailleurs) ?
[...] prix du meilleur lieu commun de l’année! Quoique, pour certains il paraît que c’est pas si glop que ça. Je m’explique. Il parait que certains couples ne le font qu’une fois par semaine. [...]