C’est dans l’ombre, quelle que soit la pièce, le lieu, la personne, c’est dans la pénombre les yeux clos qu’il pénètre ma bouche. Il a commencé par frôler mes lèvres, mon nez, il a mordu mon cou… s’est doucement qu’il a glissé sur mon buste, puis il a lentement remonté sa bouche le long de ma gorge pour enfin m’embrasser.

C’est comme ça, souvent, qu’ont lieu les merveilleux baisers et quelle que soit la pièce, le lieu, la personne… quand l’envie est là, c’est toujours… pffff (= ça veut dire que ça défonce sa grand-mère en short de bain, mais c’était pas hyper sexy dit comme ça).
Je me souviens précisément de mon premier baiser. Peut être que comme moi, vous vous êtes entraînés comme des galériens dans votre main (huhu), peut être que comme moi votre cousin vous a grillé scotchée comme une limace contre une vitre en train de murmurer « Oh Mousseline » (long story) (un jour je vous raconterai pourquoi Mousseline).
C’était un été, brûlant, dans une tente, c’est un des souvenirs les plus émouvant que j’ai, il partait le lendemain (je ne vous dis même pas à quel point j’ai pleuré, on m’aurait découpé une jambe avec des ciseaux Mapped que j’aurais fourni le même seau d’eau salée), il s’appelait Sylver et pas une seule fois je l’ai charrié sur son prénom, alors que… (Allo??? il s’appelait SYLVER quoi) (un coucou à tous les Sylver au passage).
Il y avait du vent, c’était doux, d’un érotisme insoutenable… Comme c’était bien. Je n’ai plus jamais recroisé cet homme.
Je suis une nostalgique de cette époque où embrasser quelqu’un ça comptait autant que des cacahuètes dans un Sundae. Avant de passer dans le camp de « ceux qui l’ont fait », avant cette histoire de largeur, de MST, de peur d’avoir mal, d’hymen et de 172 dossiers sexo Bravo Girl, étudiés caché dans les toilettes pour pas qu’on vous grille… Avant tout ça, ce qui comptait c’était d’embrasser. De 12 à 15 ans c’était l’unique préoccupation même. Et quand tu sortais avec un mec, tu passais l’après-midi chez lui, bouche contre bouche à chatouiller ses lèvres en écoutant Radiohead (trop underground wuhoo) et la terre ne tournait plus. Ou alors très vite, puis de toute façon tu t’en foutais, le monde c’était de la merde et t’aurais seulement emporté une brosse à dents et ton CD deux titres de Coolio pour le suivre au bout du monde en RER.
Le baiser on n’en fait plus grand cas aujourd’hui. On s’emballe en soirée entre copines parce qu’on se prend pour Katie Perry ( Lala je suis TROP une biatch coquine lesbienne hihi) (boring), on sort à nos potes des « Nan il s’est rien passé, on s’est juste embrassé ». Puis en couple passé 1 an, on ne se roule plus de grosses pelles, sauf quand on fait l’amour. Le baiser est plus lié au sexe qu’au jeu (ceci est une étude menée auprès des couples qui m’entouren). Donc on se smack distraits ( »Coucou chéri ça va » )… Tristesse.
Si on ne joue pas avec nos bouches, si on n’entretient pas cette dimension éminemment sensuelle dans notre quotidien à quoi bon avoir passé des heures à s’entrainer à 13 ans, je vous pose la question??
Pour moi la magie d’une rencontre se déploie au moment précis où l’on frôle les lèvres de l’autre pour la toute première fois. Il y a quelque chose qui se réveille de l’ordre du mystique. Et je ne parle pas de sentiments, mais d’attraction, de langueur, de violence confuse, de douceur faussement sage. Les yeux clos, l’abandon, les prémisses, le souffle court, l’éternité devant soi. Une langue qui en caresse une autre, va finalement me faire voler bien plus haut, que Julia Chanel à quatre pattes qui crie qu’elle est « une vilaine fille » (alors qu’à 40 ans on dit « une vilaine Milf »).
Attention je ne dis pas que le sexe c’est secondaire, mais moi quitte à aller à Disneyland, je choisis l’option Pop Corn, parade nocturne, montagnes russes et sabre de pirates des caraïbes (no way que je mette les oreilles de mickey). Je ne boude aucun plaisir, et n’en délaisse aucun. J’accorde simplement au baiser la place qu’il mérite : loin loin au panthéon des plaisirs qui font se mordre les lèvres..
Je ne pouvais passer à côté de ce clip, qu’on ne regardera jamais assez. Et qui a l’art de raconter en un plan séquence ce que j’ai essayé de poser en des centaines de signes.
Et pour les chafouins de Demon qui l’ont vu 1000 fois et sont blasés, mon collègue Mo m’a rappelé cette scène de Cry Baby (quand Johny Depp ne boudait pas la brosse à cheveux).
Dans l’art de la séduction, le premier regard est l’introduction, le sexe la conclusion… et en trait d’union : le baiser. Les trois indispensables du jeu.
Amusez-vous bien (et racontez-moi!).













Erwin Olaf





