Articles de la categorie ‘Le célibataire masqué’

Le célibataire masqué de l’été

14 août 2009

Nouveau texte du célibataire masqué qui a tellement de groupies, que je compte ouvrir un jeu concours façon tourné manège pour lui trouver une femelle.

Rappel du principe, un homme mystère se cache derrière le célibataire masqué, il m’envoie ses textes (cf catégorie) , et si je les aime bien je les publie sur mon blog. Aller, telle une rock star suintante, je jette le célibataire dans la fosse aux commentaires.


tortue

« Je pense queue »

A chaque rupture, il faut faire sa phase de deuil. D’après Freud, plusieurs étapes caractéristiques composent un deuil, mais pour moi, un petit clin d’œil à Gainsbourg me suffira pour relater de la période actuelle.

Je rappelle un peu le contexte : suite à la rupture donc, il a fallu gérer (difficilement) la séparation des biens, vider l’appart, en trouver un autre, emménager et maintenant peaufiner cette installation. J’ai un peu tout géré tout seul, ça n’a pas été tout simple tout le temps. Mais quel soulagement quand j’ai enfin trouvé un nouveau chez moi, un appart à moi et rien qu’à moi, personne à craindre, personne qui vient à l’improviste, je fais ce que je veux, je suis libre, je suis enfin chez MOI. C’est ma nouvelle vie qui commence dans ces 4 murs.

Un grand soulagement. Après avoir squatté comme un gitan à droite à gauche, je suis enfin posé. J’en profite pour sortir, me coucher tard.. Bref, une première brique solide pour reconstruire ma vie.


Voila donc où je reprends mon histoire. Le problème, c’est qu’aujourd’hui, je ne sais pas quelle vie reconstruire, je suis un peu partagé entre une vie de célibataire endurci qui a trouvé une nouvelle garçonnière, libre indépendant, avec des nanas pour m’accompagner par périodes, ou une vie pour retrouver la nana qu’il me faut, une vie casée et posée, et encore une vie pour enchainer les plans culs (et je mets un ’s’, mais c’est juste par prétention, y en a pas tant que ça qui défilent mais chut, ça faut pas le dire…)


En réalité, je ne sais pas ce que je veux. Entre mes idées farouchement indépendantistes, et mon amour pour les femmes, mon cœur balance, papillonne et ne se pose pas vraiment. Pour le moment, en tout cas, je ne veux pas de prise de tête, pas d’engagement, pas de contraintes. Et puis je reste convaincu que me relancer dans une histoire aujourd’hui, c’est nier l’importance du deuil, et précipiter les choses, c’est risquer que ça me revienne en pleine gueule et que je me retrouve trop vite sur le cul.

Et ça me fournit aussi une bonne excuse pour m’amuser et dire non aux nanas un peu trop encombrantes!


Bref, pour le moment, je vérifie que la libido, les organes de reproduction et le mojo fonctionnent toujours.

Par exemple, une amie que je qualifierai de fuckin’friend (mais attention, une vraie amie, pas une nana que je connais et que je queute) est assez présente dans ma vie. On se voit de temps en temps, on se raconte nos vies, on se fait des petites bouffes, on passe de bons moments ensemble, on s’offre un peu de tendresse et un peu de sexe. J’ai envie de dire, la « vraie » vie. Elle veut pas de mec, sa vie est un peu trop compliquée pour ça en ce moment, et moi j’ai aucune envie de m’engager. Donc parfait.

Sauf que là, j’entends déjà les bons connaisseurs de plans cul.. ça marche jamais. Bien sûr que ça marche jamais. Enfin, jamais pour moi, parfois pour les autres, on a tous un pote qui a un bon plan cul, mais c’est jamais nous. Comme l’histoire du sanglier dans la voiture qui se réveille et qui casse tout. On a tous un pote qui connait un mec à qui c’est arrivé.


Alors voila, ma FF (Fuckin’ Friend, pas Fonky Familiy) a commencé à s’attacher, à m’en parler petit à petit. J’ai d’abord commencé à pas l’entendre (le courage de l’homme quand ça sent le roussi), et puis ça finit toujours par merder, on peut pas faire semblant trop longtemps. Des questions de « mais je suis quoi pour toi ? juste un plan cul ? » ou « tu serais mon cavalier au mariage de ma pote machine que tu connais? ». Les trucs qui puent la merde quand tu veux pas d’histoire..
Le genre de truc dont je sais pas vraiment me défaire en bon terme…


Et pour un peu de piquant, en plein dans ces questionnements, j’ai eu droit à une surprise qui ne m’a pas déplue : l’ex d’un pote de pote avec qui j’étais en WE il y a 3 semaines m’envoie un message sur FB : « comment tu vas, bien, c’est cool, moi je suis célibataire, rupture avec mister, je suis sous le choc, je fais le tri dans nos potes communs et toi je voulais te garder parce que t’es pas non plus trop proche de lui ».
La surprise ne m’a pas déplue d’autant que j’avais bien aimé la bougresse..


Le hic, c’est que ce message, je l’ai eu juste après avoir fait l’amour avec ma FF (je regarde toujours mes mails après avoir fait l’amour, c’est un principe). Juste après on est parti au ciné et elle a pas arrêté de me demander si tout allait bien, me disant que j’avais l’air absent, bizarre, ailleurs.

Evidemment que j’étais ailleurs, je pensais au mail de l’autre que j’avais juste lu en diagonale et qui m’a fait un bel effet (pas que dans le slip, je veux dire). Je me demandais si c’était du rentre-dedans, ou si c’était désintéressé.. J’essayais de comprendre, à chaud.

J’aurais pu en parler à ma FF bien sûr, mais … Je trouvais ça très maladroit de lui parler de cette nana là, avec les yeux qui brillent, alors qu’on vient de faire l’amour furieusement 1h avant… Alors qu’elle tentait maladroitement de me dire qu’elle commençait à s’attacher à moi.. Alors j’ai rien dit. J’ai pas voulu lui faire de la peine, ça aurait été inutilement cruel.


Alors voilà, quand on sort d’une rupture, on se doit de se protéger, de penser à sa gueule, on doit être égoïste. Mais est-ce que j’aurais dû lui dire ? Est ce qu’on est forcément pour autant un connard ?? Ou alors est ce que c’est juste moi ?


zigouigoui

Le célibataire masqué #4

03 juin 2009

Aujourd’hui, le célibataire masqué,le mâle anonyme de ce blog, m’a envoyé un texte plutôt intéressant sur la grande question qu’on se pose tous: c’est quoi l’amour? Et c’est un gars avec des couilles et un cœur qui répond, ça fait du bien!

Les autres textes du célibataire masqué: là, ici et là.

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Interlude – amour un jour…

Je l’ai toujours entendu autour de moi, et on me l’a souvent posée, il est une question parmi toutes qui me hérisse les poils et a le dont de m’énerver. Elle existe sous diverses formes :
« est-ce que tu l’aimes ? est ce qu’elle te dit qu’elle t’aime? Es-tu toujours amoureux ? Nan parce que si tu te poses la question, déjà, c’est que t’es plus amoureux. »

Une question sur l’amour. Je ne mets pas de ‘A’ majuscule, parce que je suis énervé. Voila, j’ai envie de donner un coup de pied dans cet ordre établi (je suis un communiste des sentiments), de bousculer cette notion d’autorité indiscutable qui nous empêche d’être nous même, d’ « aimer » vraiment.
Je m’explique : « Aimer », « être amoureux », ça veut dire quoi ? J’ai un côté scientifique en moi qui me pousse à chercher l’Expérience, à confronter Théorie et Pratique. Par exemple, avoir faim, tout le monde c’est ce que c’est: ça ne se décrit pas, ça se ressent, et il y a des symptômes flagrants et universels : le ventre qui grogne, l’estomac qui est un peu douloureux, une pulsion qui donne envie de bouffer des trucs qu’on a sous la main. Sensation qui disparait complètement quand on a mangé : le plat qui nous faisait saliver avant le repas nous dégoute une fois qu’on est repu. (Un peu comme une fille après avoir fait l’amour, tiens !)
C’est un sentiment simple, instinctif, dont on peut connaitre les subtilités assez aisément.

Mais l’amour ? Existe-t-il une définition universelle de l’amour humain ? C’est quoi « aimer » ??
Alors je vous vois venir avec vos phrases éculées et tristement banales : « aimer, c’est quand tu es content de voir l’autre, c’est quand tu ressens un manque quand il n’est pas là, c’est quand tu savoures les moments partagés, aimer c’est quand tu as la boule au ventre dès que tu le vois, c’est aimer t’endormir et te réveiller à ses cotés, c’est partager tous les moments avec lui… »
Affligeant, n’est ce pas … ?

Non, déjà, « aimer » c’est pas « c’est quand »!
« Aimer », c’est ressentir quelque chose en nous, qu’on n’arrive pas à décrire et qui change selon les personnes. Aimer c’est donner le sens que l’on ressent individuellement au fond de soi, à un mot que tout le monde utilise. Aimer, c’est aimer à sa manière, je crois qu’il n’y a pas d’amour absolu, d’amour universel. La vie nous a fait comme on est, on aime comme on peut avec les sentiments qu’on a. Il n’y a pas une façon d’aimer, il y en a autant que de personnes.
(Je ne m’attarderai pas sur le « aimer, c’est ce qu’il y a de plus beau, aimer, c’est voler si haut… ». Même si je l’ai déjà entendu dire sérieusement.. C’était une fille… Va sans dire.)

Bon bref, je pousse mon coup de gueule, mais j’en ai marre de cette dictature de l’amour. On aime l’autre, mais on est obligé de ressentir certains trucs, même si on ne les ressent pas. Moi, quand Madame partait une semaine en vacances sans moi, elle me demandait au téléphone au bout de 2 jours :
- je te manque ?
- non. Je profite de ton absence pour sortir et faire du sport et voir mes potes et jouer à l’ordi.. Pour l’instant mes journées sont comblées et je ne ressens pas le manque. Pas encore !
- ha.. Bah toi tu me manques.
- t’en fais pas, toi t’es en vacances, j’imagine que tu vois plein de belles choses et que j’ai pas vraiment le temps de te manquer
- Si. Si tu me manques. Et moi je ne te manque pas. Puisque tu fais « plein de trucs et que t’as pas besoin de moi pour être heureux ».
- non, j’ai pas dit ça, j’ai …
- non mais laisse tomber. De toute façon, tu ne m’aimes pas comme je t’aime, je le sais bien. Mais bon c’est pas grave, peut être qu’à la fin de la semaine je commencerai à te manquer un tout petit peu. Peut être que tu arrêteras de m’oublier.. »
Voila, ça, c’est du gros classique, ça marche à tous les coups.

Oui, les filles sont chiantes et celle là encore plus probablement.
Putain, les filles (et c’est aussi valables pour tout le monde en fait, mais j’avais envie de faire un peu le misogyne) : Laissez nous vous aimez comme on veut ! Laissez nous vivre notre amour comme il vient, et laissez nous vivre tout court aussi :)
Non mais franchement, moi, je me sens bien avec ma nana, je suis content de la voir, de passer des soirées avec elle, de sortir, mais je suis aussi content de passer ma soirée tranquille à la maison, de passer des soirées sans elle, j’adore me blottir contre elle sans forcément qu’on nique, mais j’adore aussi qu’on nique sans forcément passer par la case tendresse.
Je ne sais pas comment j’aime, je ne sais pas si c’est la bonne façon, mais moi c’est d’être comme ça qui me rend heureux, de ressentit ça, et pas de devoir ressentir ce que je ne ressens pas, c’est pas de m’entendre dire que j’aime moins parce que j’aime pas comme elle, ou qu’on m’explique comment je devrais mieux aimer.

Elle ne peut pas passer une soirée sans moi ? Elle peut pas accepter que je voie une jolie fille et qu’elle soit pas la bienvenue ? Elle veut tout partager ? Bah c’est sa façon d’aimer. C’est de la jalousie, un manque de confiance en elle, c’est un peu de maladresse, c’est faire des folies, c’est faire l’amour. Pour d’autres, c’est être macho, c’est être sadique, c’est être un enfant, c’est être un parent, chacun vit son amour comme il peut, avec les armes et les sentiments qu’il a.
Je connais des filles qui tombent tout le temps sur des espèces de vieux mecs violents, dominateurs, agressifs. Pas de chance, mais elles ont besoin d’un mec qui représente certaines choses pour elles, et parfois elles sont victimes de leur penchants. C’est terrible mais c’est comme ça.

Moi de mon coté, bah oui, j’aime les filles chiantes. Putain, ça m’arrange pas, mais j’ai pas choisi, et c’est ça qui me fait craquer. Les filles fragiles, un peu mal dans leur peau, ou avec un gros caractère de cochon, elles me gavent mais je les adore. ça ne me simplifie pas la vie, mais j’ai pas vraiment le choix, parce que les autres, bah je craque pas. j’ai pas le petit truc qui me fait vibrer, donc j’en veux pas.

Alors après, il y a aussi un coté très narcissique à l’amour je pense. Dans mon cas, je suis sûr que mes attirances révèlent une part de moi. Craquer pour une nana fragile qui a besoin d’aide, c’est forcément, une façon de me voir fort, rassurant. Surement parce que je ne me sens pas comme ça. Vouloir une fille qui a du répondant, c’est surement parce que je me sens pas con et que je juge en avoir aussi et que je veux qqun qui puisse « jouer » à mon niveau. Je pense que dans l’amour il y a une très très grosse dimension narcissique, même si on ne l’accepte ou ne la voit pas.
Pourquoi les mecs adorent les filles qui font du bruit ? C’est pas parce qu’ils aiment qu’elles prennent du plaisir, mais surtout parce qu’ils se voient irrésistibles au lit. On aime chez l’autre ce qui nous ressemble et ce qui nous complète, on cherche chez l’autre ce qui nous manque chez nous. On le cherche dans le regard de l’autre.

Alors maintenant il reste un problème. Moi je sais pas quand j’ai commencé à plus aimer ma nana, je sais pas si je l’aime toujours, je ne sais pas si je l’aime ou si je suis bien avec elle, si j’aime l’habitude et ce qu’on a construit ou si je l’aime tjs elle pour ce qu’elle est. Je n’en sais rien. En fait, je me demande si je l’ai vraiment aimé pour de vrai. Aimer comme je veux ne pas aimer, c’est à dire « aimer » universellement. Bien sur que j’ai de la peine, qu’elle compte bcp pour moi, que je suis triste et que pour moi elle est qqun d’unique. Mais c’est pareil avec mes parents. Avec mon frère, avec bcp de personnes en fait. Je crois que j’aime, mais avec bcp de détachement. Et parfois, ça me fait peur.

Suis-je réellement capable d’aimer ? est ce que j’aimerai un jour ? C’est pas des questions à la con, c’est juste que quand je rencontre une nana géniale, je tombe sous le charme, mais assez vite, je vois tous les cotés que j’aime pas et ça me brise le mythe en un éclair. Au final, je ne trouve personne que je puisse aimer.
En fait je crois que je ne sais pas ce que je veux trouver dans le regard de l’autre, je ne sais pas ce que je suis et ce que je veux.
Décidément les filles, quand vous faites le ménage, vous ne ratez pas le cerveau !

zigouigoui

Stupeur – émotion – tremblements

08 mai 2009

Aujourd’hui, c’est le célibataire masqué qui prend le relais sur Navie.fr. Moi je reçois mon père pour le week-end, mon père est un reliquat de « vieux-jeune » bloqué dans les années 80. Mon père a la quarantaine (il m’a eu très très jeune) et squatte chez sa fille ce week pour « faire la fête, aller à la Scala toussa toussa ». Quand j’étais petite, mon père il parlait en verlan… FAIL!

Je vous laisse en bonne compagnie et malgré vos mails et vos questions: NON je ne vous révèlerai pas l’identité du célibataire masqué. Mais c’est ni moi, ni le fucking prince, ni Navo… Ni mon père d’ailleurs!

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Ok, j’ai été un peu optimiste, je ne vais pas pouvoir faire mon retour sur le marché de la bidoche (ou de l’amour) tout de suite.

Déjà, tel un parasite, j’ai changé d’hôte depuis ma dernière note ici. C’est le printemps, le soleil, les terrasses, c’est génial, j’adore, toute cette ambiance, cela me transcende. Mais là, j’ai quand même un peu de mal à être joyeux.. Je ne peux pas me promener détendu, je ressasse sans cesse mes pensées et je me sens si différent du monde qui m’entoure. C’est un peu comme quand on vient de coucher avec une inconnue et qu’on sort dans la rue, on se dit qu’on détient un secret et que personne ne se doute de ce qu’il a bien pu se passer. Et bien là c’est pareil, on ne voit pas sur mon visage les marques qu’il y a dans ma tête. On dirait juste un passant comme les autres. Mais moi je me sens un peu comme Ferré dans sa chanson :
 » Rue Soufflot les vitrines font la gueule, Sans un mot j’me débine j’ferme ma gueule »
Bah voila, moi j’en suis pile là, et y a pas de refrain..

Si vous croisez un mec distrait complètement absent qui erre et se cogne aux poteaux, c’est sûrement moi (je ne porte plus mon costume d’ironman..)

Alors la vie dans un nouveau quartier, c’est super, mais ce WE mon coloc a pris la poudre d’escampette. Encore des moments seuls, ça tombe toujours pendant les WE. Mais là, c’était particulier, parce que chaque instant a été rythmé par mon entrevue prévue avec Madame Ex, dimanche soir. On avait échangé quelques mails en début de semaine pour des trucs cons, des banalités : envoyer le préavis de l’appart, partager les meubles, les souvenirs…
Les choses horribles que je vois au fond du tunnel, avant la lumière. Les étapes qui me font mal rien que de savoir que je vais devoir y passer.

Dans un élan de courage (typiquement masculin), j’ai proposé de faire ça par mail plutôt qu’en face. J’avais peur qu’on vire au spectacle de pleureuses, ou au combat de reproches. Elle a insisté et on a fini par prendre un rendez-vous pour dimanche soir : débriefing en face to face, le duel à la fin du film, la rencontre après 1 mois de séparation.

Dans les mails, on a parlé lit, tables, télé, machine à laver, cadres et chat.. Tout y est passé. Qu’est ce que c’est glauque de disséquer sa vie et de la résumer à des trucs en bois.. Chaque meuble rappelle une époque, un lieu, un coup de foutre, une négociation, un lieu insolite de cochonneries sexuelles (ou presque)… C’est en partageant les meubles que j’ai réalisé que tous, sans exception, ont de l’histoire pour nous. Et pour moi. Acheté au cours d’un voyage, récupéré chez machin, pété par machine (misogynie à part)…
Alors quand il faut choisir qui prend quoi, j’ai l’impression qu’on se partage les souvenirs, le passé, les sentiments, qu’on se partage nos 6 ans en fait. Toi tu gardes les saladiers en bois de Bali, ce pêle-mêle de nos photos des Canaries (les iles, hein, pas les piafs, on avait du goût), moi la table qu’on a achetée lors de cette balade montagnarde loupée dans les Vosges inondées, et qui a fini gastronomique en Alsace.  C’est drôle, j’ai l’impression de voir ma vie défiler. C’est donc vrai cette croyance, ça marche au moins pour les petites morts.

Pendant 2 jours, j’ai attendu, j’en avais marre, je voyais les heures passer, je voulais en découdre.

Finalement, ça a plutôt bien commencé. On a parlé de là où on en était chacun, de tout ce qu’on avait compris, pourquoi ça a merdé, ce qu’on a loupé, ce qu’on n’a pas vu. C’était constructif, intelligent. Bref, un vrai échange … comme on n’en a surement jamais eu… J’ai même eu une idée furtive de la reconquérir à un moment, tant je la trouvais belle dans ses réflexions, ses concessions, ses remises en cause… mais non, fallait pas céder ! je m’étais matraqué la tête pendant tout le WE « tu ne cèderas pas, ne pas céder, rester solide et garder la tête froide.. »
A froid, je savais que je ne voulais pas revenir, mais j’avais peur qu’avec les sentiments, je puisse douter, lui faire sentir, et revenir sur mes décisions. Or je voulais un son clair et sans faute. Ce en quoi, j’ai d’ailleurs bien échoué..
Devant mon insistance à dire non, elle s’est progressivement raidie, et en réaction, moi j’étais un mur, j’avais mis mon masque de connard obtus qui ne revient pas sur sa décision, et ça a fini par durcir les débats.

Logiquement 20 min plus tard, on était aux pleurs.. Elle était dans l’optique « pourquoi on va perdre » alors que moi j’étais déjà à « pourquoi on a perdu »…
Et puis évidemment, la voir pleurer devant moi, désemparée, dégoutée, effondrée, sans défense et toute nue alors que j’avais toujours mon masque de connard, je me sentais nul, con, et puis comme je ne suis pas réellement de bois… j’ai commencé à lâcher la larmichette aussi.

Voyant cette petite victoire, elle a repris du poil de la bite, elle a commencé à vouloir me mettre devant mes responsabilités. Grosse erreur, je suis un mec, je rappelle. Elle a lancé des piques genre « puisque tu veux tout détruire et quitter cet appart qui représente tant de choses pour nous, puisque tu préfères briser tout ce qu’on a construit, puisque tu veux abandonner nos rêves et nos projets, puisque …  »
Et puis des phrases comme « Si tu n’as plus la force ni le courage, moi j’en ai et j’en ai pour deux, je suis prête à tout, je veux tellement qu’on trouve une solution, je suis pas capable de te laisser partir, j’ai tellement envie de toi, tellement de rêves, de projets.. On peut pas tout abandonner, moi j’y croyais j’y crois toujours, laisse nous la chance d’être heureux. Je crois qu’il n’y a rien de pire que de quitter quelqu’un qu’on aime de tout son coeur, et il faut que ça m’arrive, je ne sais pas, c’est pas possible, je n’y arriverai pas… »

Bref, elle a viré sur le registre du chantage affectif. Elle m’a jeté la lettre de préavis pour l’appartement, en me disant « Moi je refuse de quitter cet appart, toutes les fibres de mon corps demandent à rester avec toi, alors pour rien au monde je n’enverrai ce courrier que je rejette, alors tu le feras toi même ».
En alternant le tout avec des phrases terribles : « Mon plus grand regret c’est de n’avoir pas eu d’enfant de toi. Tu sais, j’y croyais vraiment, qu’on aurait un enfant, qu’il aurait tes yeux.. Sentir une partie de celui qu’on aime qui grandit dans mon ventre, c’était tellement fort et tellement important pour moi, si tu savais comme j’y croyais… »

Puis il y a eu cette phrase, qui m’a achevé, juste avant de partir :
« Tu sais pour mon deuil, j’ai besoin que tu me le dises : dis moi que tu ne m’aimes plus, que tu t’en fous de moi, que c’est terminé, que je n’ai pas su te rendre heureux, que tu n’as plus de place pour moi, que c’est fini à jamais, que tu préfère tout détruire plutôt que de nous donner une dernière chance, dis moi que tu en aimes une autre, que tu me rayes de ta vie, que cet appart et cette vie ne sont rien pour toi, dis moi que tu es prêt à tirer un trait sur tout ça plutôt que de nous sauver, dis moi que tu ne veux plus me voir et que tu me jettes, dis le moi… »

Elle a réussi. C’est le moment que j’ai choisi pour fondre en larme, mais sans cèder je suis rester froid et distant, j’ai pleuré fièrement comme un con submergé par mes émotions.Sur le pas de la porte, j’ai pris mon courage à 2 mains, j’ai ouvert la porte, je suis sorti, je me suis retourné, je l’ai regardé. Je me suis dit : « allez, à 3 tu lui dis « je te quitte ». Un truc idiot qu’on trouve ridicule quand on le voit au cinéma. Un truc pas crédible et niaisement sentimental. . 1, 2, … 3, 4 … »
J’ai pas réussi. Je recommence, 1, 2 … non, ça sort pas. Définitivement, je suis voué à être un échec ambulant. Je n’arrive même pas à sortir ces 3 mots, ils restent là, complètement bloqués. J’ai été pour la première fois de ma vie, incapable de dire ce que je voulais dire, j’étais complètement coi. On se regardait dans les yeux, j’ai retenté de me violenter, mais sans effet. J’ai fermé la porte incapable de dire un seul mot. Rien. Rien n’est sorti.
Le temps d’aller dans la cage d’escalier et j’ai explosé en sanglots. Après 3 heures de discussion, j’ai réussi à me trainer en pleurs jusqu’au premier banc dans la rue, je me suis affalé dessus et j’ai pleuré. J’étais absolument épuisé et il m’a fallu quelques minutes pour reprendre le chemin du métro.

Finalement, j’y arrive, je m’assieds et je scotche sur mes pieds dans un métro déserté. Les phrases qu’elle m’a assénées résonnent encore dans ma tête, et je recommence à pleurer, mais calmement. Et là, il m’arrive un truc rare qui m’a fait sourire. Une jeune fille, 20/21 ans, mignonne, me regarde avec un air attendri et plein de compassion.Elle met son doigt sur ma cuisse.
- »hey.. ça va ? » le temps de comprendre, je lève la tête, je sèche une larme. La voix tremblante je réponds :
- « Heu… non »
- « qu’est ce qu’il y a ? »
- un temps.. « on vient de me faire la plus belle déclaration d’amour de ma vie… »
- elle sourit : « Et ? »
- « Bah je l’ai quittée… »

zigouigoui

Le Célibataire masqué 2

23 avril 2009

Previously on Le célibataire masqué’s life.

Deuxième texte de notre inconnu connu. Rappel des faits, ce beau gosse de 28 ans est célibataire depuis un mois, et m’offre toutes les semaines, un texte sur sa nouvelle vie.

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WE mysogine

Depuis notre rupture et même avant, j’ai fui le domicile conjugal. Attention avec le mot « fuite », je vois déjà les ligues féminines pointer leurs vilaine miches rabougries, ça n’est pas un aveu de lâcheté masculine, mais plutôt une façon différente d’aborder le problème, d’apporter un regard neuf et dénué de toute subjectivité maline. Par un besoin vital de recul. C’est surement mieux dit (et plus vrai!) comme ça je trouve.

En effet, comme je l’avais dit, la vie à la maison étant devenue extrêmement pesante, j’avais pris mon baluchon d’un commun accord pour aller réfléchir plus loin, sous d’autres toits, là où je pourrais prendre et faire fructifier ce précieux recul. Cela faisait donc un 1mois que j’habitais à droite à gauche, que je ne repassais chez moi que dans des moments bien précis où j’étais sûr de ne pas la croiser, pour reprendre des affaires, un pull, mes baskets, et bien sur, toujours un slip propre en cas d’imprévu. Sauf que là, j’ai eu le temps de rester, puisque madame partait en WE. J’ai pas eu le droit de savoir où ni avec qui (franchement les filles sont cachottières parfois ! sous prétexte qu’on n’est plus ensemble, je n’ai pas le droit de savoir.. non mais on rêve!), mais par contre, fallait bien quelqu’un pour s’occuper du chat. Oui, les filles sont bassement matérielles. Et puis, en fait pour être honnête, j’étais ravi de retourner un peu chez moi, mon chez moi rien qu’à moi, sans avoir l’impression d’être un squatteur chez un autre.

Sauf que finalement, je l’ai fait ce petit WE chez moi. Mais ce n’était pas trop celui que j’avais prévu. Déjà, une pote devait passer vendredi soir pour … enfin… m’aider à relancer ma libido (car il m’en reste, quand même !)

Hé bah non ! La petite est malade, et préfère rester chez elle pour se coucher tôt. Evidemment, ça m’énerve, mais surtout, cette gourde a jugé bon de mettre sur Facebook des trucs genre « ce soir, grosse soirée avec mes louloutes, tous au gogo bar, on va s’éclater » et le lendemain « Trop bien la teuf, c’était grandiose, mais maintenant jsuis morte ! »

Connasse.

Je m’en fous qu’elle ne vienne pas, même si ça me gave un peu. Mais elle me joue du pipeau, non, ça m’énerve. Elle va pouvoir se brosser la prochaine fois qu’elle me proposera une soirée cul, celle-là!. Et puis faudra qu’elle la joue souple, style ingénue des Balkans » si elle veut que je lui fasse mon délicieux autographe facial. Un peu de fierté, c’est normal.

Bon bref, une première soirée tout seul chez moi, donc. C’est con, mais j’avais une soirée pas dégueu de prévue, et finalement, je suis face à ma solitude. Dans un appart qu’en réalité je connais plus, à passer la soirée seul. j’ai perdu mes habitudes, mon petit rythme, mon quotidien. En fait, je me sens étranger chez moi. ça fait chier putain… C’est même horrible. Même ce con de petit chat a décidé de jouer à bouffer et étaler avec mon linge qui sèche, comme si j’avais que ça à foutre, de remettre mes chaussettes toutes les 3 minutes…

Bref, après un vendredi soir des plus excitants, je suis bon pour me branler tout seul et me coucher tout seul aussi. Putain, quelle loose !

Bizarrement, je me réveille seul aussi. Avec un petit chat qui vient me flairer la truffe, mais seul. J’ai une journée complète à vivre chez moi, avec 2 trucs prévus le soir. En fait, peut être pour rentabiliser ma présence chez moi, je bouge quasiment pas.  J’avais 2 copines à qui j’ai proposé de passer, zéro nouvelle. Connasses, tiens ! Alors quand vient la soirée, je me venge, je plante mes potes et je reste chez moi seul. Tac !

En fait, j’avais plus envie de voir des gens. J’étais dans une sorte d’aigreur mélancolique, le genre de truc qui coupe toute faim et toute envie. Mais il y a aussi un détail qui joue : en arrivant chez moi vendredi soir, je suis tombé sur une lettre de 3 pages (recto verso, hein. une copie double et une simple, pour les nostalgiques..). Sans rentrer dans les détails, pour une fois c’était pas des reproches, c’était des « maintenant j’ai compris, je sais que t’ai perdu mon amour » ou « je suis triste que ça soit terminé, si tu savais comme j’ai tout fait pour t’aimer de mon mieux, mais j’ai échoué, pardonne moi, pardonne moi… »

….

Le genre de lettre qu’on lit avec la voix qui fait des trémolos (Julien clerc en 1978, sa meilleure année), que tu reposes avec le cœur en pleine tachycardie et les yeux qui commencent à brûler. Finalement, je suis content que l’autre merdeuse soit « malade », je ne sais pas si j’aurais eu le cœur (ou ce qui fait office de cœur parfois chez certains hommes) y soit réellement…
Voila, mon WE en fait, c’était ça. Un retour dans un appart froid, seul, et un peu hors du temps. Seul parce que je ne voulais pas trop voir de gens, mais pourtant je voulais aussi qu’on me sorte de cette sinistrose. Mais personne ne l’a fait. Pire, je me suis enlisé dedans. Et puis intemporel, parce que je n’ai presque pas mangé, ou n’importe quoi et à pas d’heure. Je n’ai vu personne, j’ai regardé les playoffs NBA jusqu’à 4h30 et je me suis levé comme un con à 13h.
En fait, je me suis retrouvé étranger chez moi, comme si j’étais isolé à l’autre bout du monde, sans aucun repère, sans un seul ami qui appelle (comme par hasard, tiens !), pas un repas normal, et des horaires exotiques.

Finalement, de mon WE irréel, la seule chose véritablement concrète que j’ai faite entre mes questions et mes coups de mou… C’est me raser la tête. C’est marrant, j’avais prévu de me couper ma cheveu, mais là, en réfléchissant, je trouve que ça fait vraiment changement de peau. Je suis devenu un autre, depuis, on me parle de mes cheveux qui ont disparus plutôt que de ma nana qui… a disparue elle aussi. C’est con, mais depuis que j’ai fait ça, je trouve que ça va mieux… C’est un genre de cataplasme pour soigner ma mélancolie. Attention je reviens dans les affaires…

zigouigoui

Le célibataire masqué

13 avril 2009

Très régulièrement sur ce blog, un homme viendra raconter sa life. Que même je dirais pas qui c’est tellement c’est étonnant, tellement il est un peu trop connu pour qu’on lui foute la paix, tellement il est cute tellement j’ai pas couché avec lui je vous le dirais bande de panda sevrés au X.

Voici sa première contribution, enjoy, et vous fatiguez pas à chercher vos oeufs, j’ai déjà dû passer devant vous, c’est le jour des shockobons!

zorro

Le doute (ou interlude psychologique poussé)

Au bout d’un mois de demi de séparation et 3 semaines officielles de célibat, il est temps de se poser quelques questions : Est-ce que j’ai donc bien fait la connerie de ma vie ? Est-ce que je me suis enfin libéré de l’étau féminin ? En fait, est ce que je sais où j’en suis ?

Essayons de savoir : Aujourd’hui, je squatte chez une amie, ex-amante et pour couronner le tout, encore plus chiante que mon ex. C’est marrant, je n’arrive pas à le dire, ça, « ex ». Je pense qu’un psy de pacotille me dirait que mon subconscient me retient et que ce déni de situation est en lui-même un éloquent aveu. Mais bon, en même temps, parfois je joue aussi au psy avec mes potes, donc je ne vais quand même pas commencer à me prendre au sérieux, ça serait le début de la fin.

Bref, ça fait 3 semaines que je joue le gitan (sauf que jsuis pas Delon) dans un salon enfumé (je hais la clope, mes parents m’ont enfumé toute ma jeunesse!), avec un chat qui pisse partout (le stress de ma présence a dit le véto, surement diplômé en psy pour chatte), et j’ai aussi tout juste changé de boulot. Bref, le cadre idéal pour faire le point et entamer mon introspection amoureuse.

Alors avec tout ce qui m’arrive (faut ajouter un sens interdit devant la brigade cycliste, une voiture à la fourrière, mon manteau qui disparaît dans un bar, le tout dans les 10 premiers jours de ma nouvelle vie…), je ne suis pas sur d’avoir pris la meilleure formule, je crois que je me suis fait arnaqué. C’est fou d’ailleurs, au passage, comme les merdes arrivent par cycle ; j’ai l’impression que le bon dieu a vraiment envie de me glisser une quenelle dans l’oignon en ce moment. Heureusement, moi, je ne crois pas en dieu. Mais quand même, il envoie du lourd, faudrait qu’il songe à jouer avec un autre un peu.

Bon alors est-ce que j’ai fait la connerie de ma vie ? Bah la conclusion, c’est que j’en sais rien. Ca commence bien… En même temps, partir chez une amie, c’est aussi remplacer la présence féminine pour pas qu’elle nous manque trop. C’est mon sevrage amoureux à moi sans doute.

Devant le succès de ma réflexion, on va passer à la question 2 monsieur le juge : La Liberté. Avec une majuscule s’il vous plait. Ça, pour le coup, je la sens. Plus de remarques maternantes, plus de justifications infantilisantes, j’ai fini ma régression dirait l’autre. Je redeviens un homme, un vrai. Je sors avec mes amis, je mate les nanas (en fait, ça, ça n’a pas changé, d’autant que je regarde mais je ne fais toujours rien…). Mais au moins, j’ai le droit maintenant. Je me couche quand je veux, je sors où je veux avec qui je veux. Putain, ça c’est la vraie vie ! Parfois on se demande si on ne laisse pas les filles nous brider pour que le célibat soit la solution à nos soucis. Pour que le célibat s’impose comme une évidence. D’ailleurs, je précise que ceux qui ont des nanas pas chiantes, ils en oublient la force, le bonheur et la volupté qui naissent du célibat. Ceux là vont finir toute leur vie avec leur nana, ils sont déjà foutus…

Bon revenons en à nos brebis, là pour le coup, j’ai ma réponse : je suis libre. Libre d’être moi, libre de sortir, libre d’être libre, libre d’être triste aussi. C’est un renouveau, mais c’est aussi parfois un dur rappel à la réalité, un peu comme une réception d’un double salto faky quand on ne sait pas skier.

Tiens, comme je vous l’ai pas encore racontée, voici une anecdote qui m’est arrivée l’autre soir.

J’étais au resto avec un ami et ma nouvelle coloc. On parlait, enfin, surtout eux, parce que moi j’ai eu une absence. En fait, j’ai vu à la fenêtre un gros chien passer sur le trottoir. En soit, ça n’est pas follement incroyable, mais ce chien n’avait pas de laisse. Pas de maitre devant, ni derrière, il était tout seul en plein Paris, boulevard Daumesnil. C’est déjà un peu plus rare, mais ça vous est peut être déjà arrivé quand même. Moi en le voyant, j’ai vu autre chose. J’ai vu les chiens errants qu’on voit partout en Amérique du sud, j’ai vu les chiens qui venaient s’allonger près de nous dans les resto perdus au fin fond du Mexique. J’ai revu les diners les pieds dans le sable, dans les buibuis isolés, dans la chaleur exotique. J’ai revu mes vacances, j’ai revu ces moments qui resteront toujours dans ma tête, ces moments qu’on a vécus ensemble, ces moments incroyables, dans un autre monde, dans un autre temps, ces moments qui font que je l’aime et que nous avons été incroyablement proches parfois. Alors en voyant ce pauvre clébard parisien, j’y ai vu ces molosses errants dans les rues sombres et désertées, calmes et écrasantes de chaleur. En plus, comme elle avait peur des chiens, elle me tenait fort le bras, j’en avais des marques tellement elle comptait sur moi. C’est des moments comme ça qui vous font craquer pour une fille, si fragile, si belle, désemparée, maladroite… C’est pour des moments comme ça qu’on choisit une fille, c’est pour ça qu’on finit toujours par croire en l’amour.

Sauf que quand je me réveille, que je suis dans un resto et que le chien a disparu, j’ai bizarrement une boule au ventre, les yeux qui piquent et la furieuse envie d’être seul, loin des gens, sous une couette pour m’endormir et en rêver encore. Sauf que ce rêve, il est derrière moi, j’ai l’impression que je viens de me réveiller et que je suis à la bourre pour aller bosser. Que mon rêve était délicieux et que la réalité n’est pas un cauchemar, mais juste une réalité. Et quand je me coucherai ce soir, je ne ferais plus ce rêve. C’est fini.

Alors grâce à cette pirouette, je vais pouvoir répondre à mes 2 autres questions : Je suis libéré de l’étau féminin et j’en suis sincèrement ravi, mais là où je suis, je ne suis pas sur d’être mieux. Pas d’étau, ou alors c’est que je ne le vois pas. Juste l’effrayant silence des grands espaces, de l’infini autour de moi. La grande solitude finalement.

Pour la 3ème question, c’est clair : je ne sais pas où j’en suis.

zigouigoui